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PLANIFICACIÓN 13 AOÛT 2026 · 6 MIN DE LECTURE

Combien de temps il faut vraiment pour monter 800 mètres

La règle de Naismith dit une chose, le chrono une autre. Comment estimer la durée d’une rando, pourquoi c’est souvent trop court et comment corriger.

MONTÉE SOUTENUE, SOMMET LARGE ET DESCENTE : LE PROFIL QU'ON REGARDE AVANT DE DÉCIDER À QUELLE HEURE PARTIR · FIGURE ILLUSTRATIVE, PAS UN ITINÉRAIRE MESURÉ

La règle de Naismith, et pourquoi on l’utilise encore

En 1892, un montagnard écossais, William W. Naismith, a résumé en une ligne ce qu’il lui fallait pour se déplacer en montagne : une heure pour 5 km à l’horizontale, plus une heure pour 600 m de montée.

Pour un itinéraire de 12 km avec 800 m de dénivelé positif, ça donne 2 h 24 min de progression plus 1 h 20 min de montée : 3 h 44 min. C’est le chiffre que tu vois affiché comme « temps estimé » sur presque toutes les plateformes, à quelques variations près.

On l’utilise encore parce qu’elle est simple, transparente et qu’elle donne le bon ordre de grandeur. Ce qu’elle n’est pas, c’est une prédiction du temps que tu vas mettre, toi.

Le chiffre clé

Naismith décrit un montagnard en forme, avec un sac léger, sur bon terrain et sans pauses. Pour une sortie normale du week-end (avec pique-nique, photos et quelques passages caillouteux), le temps réel dépasse généralement de 25 % à 60 % le temps estimé. Ces 3 h 44 deviennent 4 h 40, voire presque 6 h.

Ce que la formule laisse de côté

Les pauses

40-60 MIN

Naismith mesure le mouvement. Manger, enfiler la polaire, regarder la carte, attendre le groupe et prendre des photos n’apparaissent dans aucune variable. Sur un itinéraire de cinq heures, il est courant d’accumuler entre 40 et 60 minutes de pauses sans qu’aucune paraisse longue.

La descente, qui ne fait pas toujours gagner du temps

10 MIN / 300 M

La formule originale ignore la descente, comme si descendre ne coûtait rien. La correction de Langmuir et les tables ultérieures l’ajustent ainsi : une descente douce fait accélérer, mais une descente raide fait ralentir. En général, on retire 10 minutes par tranche de 300 m de descente modérée, et on en ajoute 10 par tranche de 300 m de descente très raide, là où ce sont les genoux qui commandent.

Le terrain

JUSQU’AU DOUBLE

Un kilomètre de piste forestière et un kilomètre de pierrier ne sont pas le même kilomètre. Neige molle, boue, éboulis ou racines peuvent doubler le temps d’un tronçon sans changer ni la distance ni le dénivelé, les deux seules choses que la formule connaît.

La forme physique et le sac

20 % DU POIDS

Le rythme de base de Naismith équivaut à marcher à 5 km/h sur le plat, ce qui est rapide avec un sac. Et chaque kilo en trop se paie : au-delà de 20 % de ton poids corporel, le rythme baisse nettement. C’est la variable que sous-estiment le plus ceux qui planifient depuis leur canapé.

L’altitude

DÈS 2 500 M

Au-dessus de 2 500 m environ, les performances baissent même si tu es parfaitement acclimaté. Aucune version de la formule n’en tient compte, et dans les Pyrénées ou la Sierra Nevada, ce sont des minutes bien réelles.

Comment corriger, en pratique

  1. 01Calcule le Naismith comme référence : distance ÷ 5 + dénivelé ÷ 600, en heures.
  2. 02Ajoute un tiers si tu portes un sac de journée normal et que tu es en petit groupe. La moitié si le groupe dépasse quatre personnes : on avance au rythme du plus lent, pas au rythme moyen.
  3. 03Ajoute les pauses à part, comptées pour de vrai. Dix minutes par heure de marche, c’est un compte honnête.
  4. 04Ajoute encore 20 % s’il y a de la neige, de la boue, un long pierrier ou si la descente est très raide.
  5. 05Compare avec le temps réel de quelqu’un qui l’a déjà fait. C’est la seule donnée qui intègre tout ce qui précède sans que tu aies à l’estimer.

Pourquoi Suviard affiche les deux

Sur chaque fiche d’itinéraire, tu verras le temps estimé et le temps réel côte à côte. L’estimé vient de Naismith, avec ses corrections liées au dénivelé ; le réel est celui qu’a mis la personne qui a enregistré la trace, avec sa forme physique, son matériel et le terrain de ce jour-là.

TEMPS ESTIMÉ +Vient de Naismith, avec ses corrections liées au dénivelé +Simple, transparent, il donne le bon ordre de grandeur −Avec deux variables, il ne peut pas savoir qu’il y avait cinquante centimètres de neige
TEMPS RÉEL +Intègre le terrain, les pauses et le matériel sans que tu aies à les estimer −C’est celui d’une personne précise, pas le tien −Dépend du dénivelé enregistré, qui a sa propre marge d’erreur

N’afficher que l’estimation serait plus propre et bien moins utile : un chiffre calculé avec deux variables ne peut pas savoir que ce jour-là il y avait cinquante centimètres de neige. Et n’afficher que le temps réel ne suffit pas non plus, parce que c’est celui d’une personne précise. Ensemble, ils te donnent la fourchette, et c’est ce dont tu as vraiment besoin pour décider à quelle heure partir.

Attention à une chose : le temps réel dépend du dénivelé enregistré, et cette donnée a sa propre marge d’erreur. Nous l’expliquons dans pourquoi ton GPS affiche plus de dénivelé que tu n’en as fait.

En résumé

Naismith est une bonne première approximation et une mauvaise heure de retour. Considère-le comme le bas de la fourchette, pas comme la prévision, et rappelle-toi que la marge que tu crois avoir en trop au moment du calcul est exactement celle qui te manquera si le terrain est pire que prévu. La montagne ne pardonne pas une donnée optimiste.

Pour en savoir plus sur notre façon de traiter les données, lis À propos de Suviard.

Comment nous traitons les données Ce que nous mesurons, ce que nous lissons et ce que nous ne touchons pas sur chaque itinéraire. À propos de Suviard
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